Peter Peter

12 morceaux

  • 01

    Homa

    Paroles

    Homa

    Je laisserai les marées basses me raccompagner jusqu’à chez moi
    J’implorerai le temps qui passe de cesser de passer par là
    La nuit est jeune, à ce qu’on dit, balivernes
    La nuit est vieille et périssable, elle est ininflammable

    Homa, ma maison qui brûle, je fume ma peau…

    Hochelaga m’invite chez elle, à me regarder mourir de honte
    Il y a à boire et à fumer mais il, il n’y a rien à croire
    Une tumeur médaillée d’or a dévoré mes espoirs olympiques
    Je n’ose plus sortir dehors, j’ai peur de m’y perdre encore

    Homa, ma maison qui brûle, je fume ma peau…

  • 02

    Réfractaire

    Paroles

    Réfractaire

    Tout peut commencer ou se terminer
    Ivre et serein, j'oublie le mal
    Alors que je m’embrase aux étoiles
    Et j’embrasse celle bien que superficielle
    Elle me permet encore de rajeunir

    Heureusement, mon cœur bat de façon solennelle
    Non, il n’entonne aucun hymne, il demeure réfractaire
    Réfractaire…

    Je peux en finir ou recommencer
    Le meilleur, le pire viennent à se répéter
    Des mises en abîme, absurdes et sublimes
    Font de la discorde une redondance
    Qui est tout à fait sécurisante
    Et je m’espionne dans un miroir
    Pour être certain que tout est à sa place

    Heureusement, mon cœur bat de façon solennelle
    Non, il n’entonne aucun hymne, il demeure réfractaire
    Réfractaire…

    Je recule pas à pas et je ne vieillis pas…

  • 03

    Tergiverse

    Paroles

    Tergiverse

    Il y a tout un cirque dans ma tête
    Sous ma peau, des cracheurs de feu
    Font la guerre, à mon estomac
    Et des amis, je n’en ai pas

    Je me redresse, tout plein de maladresse
    Avec douance, je sombre en défaillance
    Je vais seul, mais je ne m’en plains pas
    Des amis, je n’en veux pas

    Je tergiverse entre le sud et le nord
    Je connais la ville de haut en bas
    Et mes bas, en effet vont trop bas
    Et mes hauts, ne vont jamais assez haut

    Bon d’accord, j’ai peut-être débordé
    Mais aujourd’hui, je sens que ça va mieux
    Ça ira, c’est vrai, je te l’assure
    L’important, c’est que ça te rassure

    Je tergiverse entre le sud et le nord
    Je connais la ville de haut en bas
    Et mes bas, en effet vont trop bas
    Et mes hauts, ne vont jamais assez haut

    Comment ça va toi?
    Comment va?
    Comment ça va toi?
    Comment ça va à l’école?

    Comme on dit toujours
    Ça va bien, bonjour
    Oui mais moi, je ne vais plus à l’école

    Comment ça va, toi?
    Ça va bien
    Comment tu t’appelles?
    De quoi je me mêle
    Cela ne te regarde pas
    Moi je ne vais pas
    Et puis quoi encore
    Tu me diras qu’il fait beau dehors

    Dis-moi où tu vas
    Dis-moi d’où tu viens
    Dis-moi tout
    Dis-moi presque rien
    Dis-moi si tu penses revenir

    Serait-ce indiscret, cher ami
    De te demander : quel âge aurais-tu
    Si le monde venait à s’écrouler?

    Je tergiverse entre le sud et le nord
    Je connais la ville de haut en bas
    Et mes bas, en effet vont trop bas
    Et mes hauts, ne vont jamais assez haut

    Je tergiverse entre le sud et le nord
    Je connais la ville de haut en bas
    Et mes bas, en effet vont trop bas
    Et mes hauts, ne vont jamais assez haut


  • 04

    Montréal neige sale

    Paroles

    Montréal neige sale

    Parce que personne n’est venu chez moi
    Et que si tu frappes, je ne t’entends pas
    Parce que soleil dehors il n’y a pas
    Que vu de l’intérieur il semble faire froid
    Lorsque je tente de me réchauffer
    Lorsque j’essaie de me consoler
    Je n’ai qu’une seule envie
    Savourer l’agonie

    Ce soir encore j’embrasse la mort, je plonge mes lèvres dans le miel
    J’ouvre la bouche, juste assez grande pour accueillir un essaim d’abeilles
    J’inviterai mademoiselle la reine à se nourrir de mon pollen
    Et j’oublierai que l’hiver est sale à Montréal

    Il neige des tristesses diluviennes
    Les camions qui viennent les éparpillent
    J’aimerais sangloter seulement que la mienne
    Ne pas partager celle d’une autre famille
    Les flocons sont des casse-têtes
    Je passe la nuit à les rassembler
    Et peu à peu ils deviennent forteresses
    Ils arrivent même à me ressembler

    Ce soir encore j’embrasse la mort, je plonge mes lèvres dans le miel
    J’ouvre la bouche, juste assez grande pour accueillir un essaim d’abeilles
    J’inviterai mademoiselle la reine à se nourrir de mon pollen
    Et j’oublierai que l’hiver est sale à Montréal

  • 05

    Rien ne nous rassemble

    Paroles

    Rien ne nous rassemble

    Une chorale d’animaux s’est réunie sous ma fenêtre
    Ils chantent fort, ils chantent faux
    Mais le refrain, lui, reste beau
    Ils me remémorent
    que moi aussi j’aimais chanter, que moi aussi j’aimais compter
    Sur mon armée de camarades
    Si je me sens seul
    C’est que rien ne me ressemble
    Si on se sent seuls
    C’est que rien ne nous rassemble
    Rien...
    Il m’arrive par moment
    de faire semblant d’être mort
    Pour voir combien de temps s’écoule
    Avant que l’on ne réclame mon corps
    Ça peut durer des semaines, noires
    comme des années-lumière
    Chaque fois je flanche, je téléphone
    Dans ma détresse la plus sincère
    Si je me sens seul
    C’est que rien ne me ressemble
    Si on se sent seuls
    C’est que rien ne nous rassemble
    Rien, rien, rien...
    S’effacent mes souvenirs,
    S’estompe l’envie de retenir
    Le nom de ceux que j’affectionne
    Et qui jamais ne téléphonent

  • 06

    Dring dring pow pow

  • 07

    Laurie

    Paroles

    Laurie

    Elle cultive un jardin d’amour
    Et elle plante des mauvaises herbes
    pour qu’il ne pousse rien autour
    Tous les chemins mènent à elle
    Les labyrinthes de mademoiselle
    Et moi, je me retiens de lui demander :
    ce soir viens chez moi, viens chez moi
    Je m’occuperai de toi,
    comblerai toutes tes carences
    Elle ne répond guère à mes avances
    Elle est tellement cruelle,
    tellement cruelle, tellement cruelle
    Mais je l’aime quand même
    Allez vas-y, défile-toi à travers
    toutes tes échappatoires
    Vas-y, réponds-moi :
    ce soir je ne peux pas, je ne peux pas
    Mais on remettra ça, toi et moi, moi et toi
    Dans une dizaine, voire une vingtaine
    de jours sans compter les semaines
    Dans une autre vie peut-être, peut-être
    Je te promets tu me feras ma fête
    Elle me fait sauter à la corde raide
    Laurie un deux trois quatre cinq six sept, je regrette la défaite
    Elle me fait sauter à la corde raide
    Laurie un deux trois quatre cinq six sept, je regrette la défaite
    Malgré ce que je dis, je ne daignerais pas
    Franchir le paradis juste au bout de mes doigts
    Goûter le nirvana dans le son de sa voix
    Malgré ce que je dis, je ne daignerais pas
    Elle me fait sauter à la corde raide
    Laurie un deux trois quatre cinq six sept,
    je regrette la défaite
    Elle me fait sauter à la corde raide
    Laurie un deux trois quatre cinq six sept,
    je regrette la défaite
    Laurie un deux trois quatre cinq six sept,
    je regrette la défaite…

  • 08

    Porte-bonheur

    Paroles

    Porte-bonheur

    Rien ne sert de le nier
    Tu es la seule à me faire sourire
    D’autres pourtant ont essayé
    Mais je n’ai fait que leur mentir
    Tu sais tout, moi je ne sais pas
    Vertigineux est l’équilibre sans toi
    Tes voyelles et tes consonnes
    Petite poupée de phéromones
    Je dis sans cesse
    que le monde empeste
    Toi, tu me dis sans cesse
    que le monde est beau
    J’ai brisé mon poignet,
    Je priais trop fort
    Tu es la seule prière
    qui rajeunit mon corps
    Je dis sans cesse
    que le monde empeste
    Toi, tu me dis sans cesse
    que le monde est beau
    La guérison
    n’est pas importante
    car tu seras mes yeux
    et cela me contente
    Rien ne sert de m’éclipser
    Tu sauras toujours où me retrouver
    J’habite sous ta jupe
    Et je suis à l’abri des emmerdes
    Tu sais tout, moi je ne sais pas
    Vertigineux est l’équilibre sans toi
    Tes voyelles et tes consonnes
    Petite poupée de phéromones
    Je dis sans cesse
    que le monde empeste
    Toi, tu me dis sans cesse
    que le monde est beau
    J’ai brisé mon poignet,
    je priais trop fort
    Tu es la seule prière
    qui rajeunit mon corps
    Je dis sans cesse
    que le monde empeste
    Toi, tu me dis sans cesse
    que le monde est beau
    La guérison n’est pas importante
    car tu seras mes yeux
    et cela me contente

  • 09

    Demain, c'est l'heure

    Paroles

    Demain, c'est l'heure

    Dimanche soir
    Elle reste seule
    à surfer dans le noir
    Quelqu’un, elle cherche
    Parmi les vagues de pages obsolètes
    Malgré de longs silences,
    elle se tait encore
    J’admire sa patience
    devant l’inconfort
    Demain, c’est l’heure, dit-elle
    Il se fait tard
    Son coeur est devenu un ennemi
    Et elle s’égare
    À travers les labyrinthes de son lit
    Malgré de longs silences,
    elle se tait encore
    J’admire sa patience
    devant l’inconfort
    Malgré de longs silences,
    elle se tait encore
    J’admire sa patience
    devant l’inconfort
    Demain, c’est l’heure, dit-elle…

  • 10

    97

    Paroles

    97

    Pour m’endormir,
    je répète cent fois ton nom
    Pour ne pas oublier le bruit qu’il ferait
    s’il venait briser mon silence
    Je ne m’en lasse pas,
    chaque fois c’est différent
    C’est comme s’il avait été fait
    pour être dit par ma voix
    à tout moment
    Mais tu ne sais pas épeler qui je suis
    Et tu ne me laisses jamais entrer chez toi
    Et, tu sais, je me saignerais à blanc
    pour que tu ne manques jamais de rouge sur tes lèvres
    Je pense à toi
    Même quand je ne pense pas
    Même lorsque j’arrive à faire le vide,
    tu le transformes en précipice
    J’aime la chute, bien plus fort
    que n’importe quelle butte
    Je ferai en sorte que jamais ne s’arrête
    l’autobus 97
    Tu ne sais pas épeler qui je suis
    Et tu ne me laisses jamais entrer chez toi
    Et, tu sais, je me saignerais à blanc
    pour que tu ne manques jamais de rouge sur tes lèvres

  • 11

    Cesse de pleuvoir

    Paroles

    Cesse de pleuvoir

    Cesse de pleuvoir
    J’ai peur que tu t’évapores
    complètement
    En un nuage de détresse
    Dispersé par le vent
    À travers l’Europe
    Cesse de neiger
    Tes lèvres deviennent bleues
    Et tu te coupes
    Du monde entier dans ton iceberg
    Qui vogue à la dérive
    Vers la fin du monde
    Cesse de pleurer
    Comme si c’était la dernière Cène
    Cesse de te maquiller
    Pour chercher à me plaire
    J’ai si peur que tu t’effaces
    à cause de moi
    Je ne veux plus que tu t’effaces
    à cause de moi
    Cesse de saigner
    Je n’ai plus soif de toute façon
    Et les vampires qui t’entourent
    commencent à saliver
    De te voir dormir
    Une minute de trop
    Cesse de pleurer
    Comme si c’était la dernière Cène
    Cesse de te maquiller
    Pour chercher à me plaire
    J’ai si peur que tu t’effaces
    à cause de moi
    Je ne veux plus que tu t’effaces
    à cause de moi

  • 12

    UHF

    Paroles

    UHF

    C’est une journée formidable
    C’est aujourd’hui que je meurs
    J’ai choisi la date et l’heure
    Pour ne pas que tu t’inquiètes
    J’ai visité quelques prisons
    Quelques rêves raisonnables
    J’ai bu des litres de filles
    Et de sirop d’érable
    Pour le reste, je m’imagine
    De grands déserts de pluie
    Des cordes de violoncelles
    Jouées par mes ennemis
    J’ai gratté des milliers
    De centaines d’allumettes
    Pour que des feux d’artifices
    Me ramènent l’optimisme
    Change la couleur
    Dans mon téléviseur
    Je change de chaîne
    J’ai vengé le printemps et l’automne, j’ai goûté à l’odeur du poison
    J’ai nagé comme un poisson
    dans les larmes de ma mère
    J’ai pleuré les soldats inconnus
    et j’ai porté des masques
    Je me suis baigné dans la saleté
    sans me faire de taches
    Change la couleur
    Dans mon téléviseur
    Je change de chaîne